II.b - Les OGM dans les cultures agricoles et chez les végétaux


b) Les OGM chez les animaux

 

1) Les différentes techniques de transgénèse

 

 

Bien que le premier animal transgénique, une souris géante, ait vu le jour en 1982, les animaux transgéniques sont encore des animaux de laboratoire. En effet, il semble beaucoup plus difficile d’intégrer un ADN étranger dans une cellule animale, où de nombreux obstacles visent à l’éliminer, que dans une cellule bactérienne ou végétale.

Ainsi, ce sont principalement des recherches portant sur des animaux OGM d'intérêt agricole qui seront préférés (particulièrement dans le domaine de la pathologie, c’est-à-dire qui s’occupe de l’étude des maladies). Contrairement à la transgénèse appliquée aux plantes, les avancées scientifiques dans ce domaine sont plus lentes, en raison notamment des coûts élevés de la recherche et de la grande complexité de ces manipulations car cela nécessite des opérations difficiles à effectuer pour introduire le gène d’intérêt au sein du corps de l’animal.

Aujourd’hui, un peu plus d'une cinquantaine de types d'animaux OGM existent dans le monde. Il s’agit de bovins, moutons, chèvres, souris, lapins…Toutefois, aucun animal OGM n’est approuvé à des fins de commercialisation. Cependant, ils peuvent être nourris avec des aliments OGM.

 

 

  Ainsi, par définition, un animal génétiquement modifié est un animal vivant dont le génome a été volontairement modifié par l’Homme et qui a été introduit par transgénèse.

 

Comme la transgénèse animale est beaucoup plus coûteuse et complexe que la transgénèse végétale, les avancées dans cedomaine sont plus lentes.

Une fois les gènes d'intérêt isolés et multipliés, ceux-ci peuvent être introduits dans l'ADN d'un animal par différentes méthodes, dont :

  • la micro-injection;

  • l'infection virale;

  • la transfection de cellules somatiques embryonnaires;

  • le transfert de gène localisé.



La technique la plus utilisée et celle qui obtient le plus de succès est la micro-injection d'ADN dans le noyau d'un ovule fraîchement fécondé (embryon). Lamicro-injectionest une techniquemécaniquequi requiert l'utilisation de micro-instruments pour introduire legène d'intérêt. Une fois modifiées génétiquement, les cellules de l'embryon GM poursuivent leur développement jusqu'à la formation complète de l'animal transgénique

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Par exemple, certains animaux sont modifiés pour les rendre plus productifs, comme la « Belgian Blue ». La « Belgian Blue » est une race de vache modifié (on a injectés un gène qui cause une hypertrophie musculaire) qui a pour but de produire plus de viande.  

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2) Les OGM dans l'alimentation des animaux

 

 

A l'origine, il y a la quête sans fin de rendements plus élevés : des poulets prêts à consommer en cinquante jours au lieu de cent cinquante dans les années 50, des vaches qui produisent 8 000 litres de lait par an au lieu de 2 000, des poules qui pondent 250 oeufs par an contre 130 dans les années 20... En un demi-siècle, les animaux de la ferme n'ont cessé de battre des records. Au cœur de cette évolution, les progrès de la génétique, bien sûr, mais aussi une alimentation calibrée, comme celle des athlètes de haut niveau, et dopée en protéines.

 

 

Il est en effet possible de nourrir un animal avec des aliments génétiquement modifiés. En effet, après avoir ingérer un aliment GM, l’animal n’acquiert pas la propriété définitivement qui est présent dans l’aliment mais il peut justement s’en servir pour bénéficier d’une propriété supplémentaire. La recherche nous propose une des nombreuses expériences réalisées sur des rats. Ci-dessous, nous allons détailler une expérience effectuée sur des rat en novembre 2012.

 

 

Résumé de l’expérience :

 

 

10 groupes de rats constitués chacun de 10 mâles et de 10 femelles (soit 200 rats au total) ont été suivis pendant toute leur vie (environ deux ans). À partir de l'âge de 2 mois, trois groupes ont mangé des croquettes contenant respectivement 11 %, 22 % et 33 % de maïs NK603, une variété rendue tolérante au glyphosate, la matière active du Roundup, un désherbant total. Trois autres groupes ont reçu des croquettes contenant 11 %, 22 % et 33 % de maïs NK603 traité au Roundup lors de sa culture. Trois autres ont reçu des croquettes contenant 33 % de la lignée de maïs non transgénique la plus proche du maïs transgénique, et bu de l'eau contenant 3 concentrations différentes de Roundup. Un unique groupe, enfin, a servi de contrôle, avec des croquettes contenant 33 % de maïs conventionnel, et de l'eau normale. Tous les animaux ont fait l'objet de prélèvements sanguins avant de commencer le « traitement », puis régulièrement au cours des mois suivants. Chacun de ces prélèvements a servi à mesurer 31 paramètres biochimiques. Les animaux ont aussi été examinés pour voir s'ils présentaient des tumeurs (bénignes ou malignes).

 

 

Bilan de l’expérience :

 

30 % des mâles et 20 % des femelles ayant mangé du maïs conventionnel meurent prématurément, ce pourcentage monte à 50 % des mâles et 70 % des femelles dans certains groupes d'animaux ingérant du maïs OGM. Les chiffres sont frappants - d'autant plus qu'ils sont exprimés en pourcentages. Problème : ils ne signifient pas forcément que l'ingestion au long cours de ce maïs affecte la santé des rats. Car le nombre d'animaux étudiés est trop. 

 

Cette expérience montre que les connaissances scientifiques sur la présence de protéine et / ou d’ADN transgéniques dans les produits issus d’animaux nourris aux OGM sont encore embryonnaires.